
Akulivik, par la fenêtre de ma chambre, 27 janvier 2023
Des notes de musique parcourent mon corps. En moi monte, depuis mon ventre, une douce mélodie nomade. Des sons venus de mes cellules, comme des étoiles dans le ciel. Elles scintillent, se rencontrent et se caressent les unes et les autres. Elles vibrent comme les cordes d’une guitare qui s’unissent sous l’intention de mes doigts. Comme la baleine appelant les siens, elles produisent un chant unique, des ondes parcourant mes océans. Mes particules dansent comme une aurore boréale dans mes cheveux. Je frissonne de joie, pure jouissance d’être. Je laisse entrer en moi les sensations, les impressions et je les retourne au monde qui me les retourne à son tour. Et ensemble, extérieur et intérieur, nous nous multiplions d’amour.
» Quand on plonge dans le corps, on découvre à l’intérieur quelque chose qui est comme un bijou qui prend l’esprit et la forme. » .. » Mais nous sommes dans une société qui nous a fait croire que plus on sait, plus on est. Or c’est l’inverse. C’est cela, le grand problème. Vous croyez que, sachant des choses, vous êtes ces choses. Non, sachant ces choses, vous ne faites que vous identifier à votre partie cérébrale, mais vos parties émotionnelles et physiologiques ne participent pas. Vous n’habitez qu’une petite partie de vous-même. » .. » La Voix du sentir est ailleurs. On a débranché le circuit du néocortex avec la pensée déductive et inductive, avec la comparaison, l’accumulation, la possession, la compétition, c’est -à -dire tout ce qui constitue votre personnalité individuelle et égoïste, et on branche son attention dans le monde biologique. Là, on ne demande rien. On lâche prise à toute demande, à toute attente. On se met en état d’amour. » (Ansa, (p.131).